Charles Van der Elst ouvre une nouvelle voie pour la FFCAM

Charles Van der Elst, précédemment président du Club alpin Île de France, est l'actuel président de la FFCAM.

Charles Van der Elst, juste après son élection © Michel Blecic Charles Van der Elst, juste après son élection © Michel Blecic

Dimanche 16 mars 2025, Charles Van der Elst a été élu président de la FFCAM lors de l'assemblée générale à Chalon-sur-Saône. Âgé de 58 ans, investi à la FFCAM depuis 2015, précédemment Président du Club alpin de Paris-Île-de-France pendant trois ans et vice-président de la Commission fédérale alpinisme depuis 2021, Charles Van der Elst incarne une nouvelle génération de responsables attachés à la transmission, au collectif et à la transition. Il a obtenu 75 % des voix, après que sa liste l'engagement Club Alpin - Cap sur 2030 a recueilli 60 % des suffrages exprimés, au cours d'un scrutin marqué par un taux d'abstention très faible. « Je suis très honoré et très touché par cette élection. C'est l'aboutissement d'un an de travail : la plus longue approche que j'ai jamais faite pour la montagne ! » déclare-t-il à l'issue de l'Assemblée générale. « Je suis avant tout motivé par la transmission de cette passion pour la montagne qui nous anime. Le partage est au cœur de ma démarche et de mes convictions. »

Originaire de Coublevie en Isère, Charles Van der Elst découvre très jeune la montagne dans le massif de la Chartreuse et les Hautes-Alpes. À quatre ans, son père lui offre sa première paire de skis. Plus tard, c'est un prêtre local, Jacques Reydel, qui l'initie aux activités de montagne. Mais à l'adolescence, c'est la musique qui prend le dessus : Charles quitte les Alpes pour Paris et se consacre à l'audiovisuel. Pendant près de 30 ans, il vit loin des montagnes.

C'est un voyage au Népal qui va tout faire basculer. Le retour aux montagnes déclenche un profond besoin de renouer avec cette part de lui-même. « J'ai complètement réorganisé ma vie professionnelle pour avoir plus de temps libre et pouvoir aller en montagne, un vrai changement de paradigme. » De retour en France, il se forme, devient encadrant bénévole, obtient plusieurs brevets – cascade de glace, alpinisme, escalade, parapente – et s'implique activement dans la formation en tant qu'instructeur. Il préside la commission alpinisme de son club, siège au comité directeur du Club alpin de Paris et devient un acteur engagé de la vie fédérale.

Dans sa nouvelle fonction de président, il affiche une volonté de faire évoluer l'organisation de la FFCAM pour répondre aux défis contemporains. Il affirme notamment la nécessité d'agir face aux urgences : « L'équipe précédente nous laisse une fédération en ordre de marche, mais nous avons beaucoup à faire pour avancer sur les priorités environnementales et sociétales que le contexte contemporain nous impose. » Cette vision traverse son projet qu'il souhaite collectif, fédérateur, ancré dans les réalités de terrain. « L'humain est vulnérable s'il est isolé, mais il peut trouver sa force dans un groupe où l'on se protège mutuellement, où l'on avance ensemble. Ces actions ne sont pas en rupture, mais s'inscrivent dans une évolution logique. » Il défend une gouvernance plus collaborative, la création d'un pôle Engagement social et environnemental ainsi qu'une Contribution environnement symbolique d'un euro par licence, destinée à soutenir les actions concrètes en faveur de la transition. Il porte aussi une culture du risque et un soutien renforcé aux clubs.

Pour Charles Van der Elst, la montagne ne peut être dissociée des valeurs qu'elle porte. Son projet vise à en faire un levier de cohésion, de sobriété et de transformation. Un chantier exigeant, mais enthousiasmant. Et comme il l'a dit dès le soir de son élection : « Maintenant, nous sommes au pied de la paroi : on s'encorde et on y va ! »

 

Charles Van der Elst, à la tribune © Michel Blecic

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La liste "Engagement club alpin, Cap sur 2030 " © Michel Blecic

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Le mot du président

« Depuis le printemps 2024, nous avons échangé avec des membres du comité directeur sortant, des responsables de comités, de commissions, de groupes de travail, des responsables de clubs, des salariés de la fédération et de la direction technique nationale. Ces échanges riches et variés ont permis de dresser un état précis de la situation actuelle. La continuité s'impose sur de nombreux aspects : les projets en cours, les acquis et les valeurs fondatrices de la fédération doivent être préservés et renforcés. Nous saluons l'investissement de nos prédécesseurs, dont le travail a permis de bâtir un socle solide sur lequel nous nous appuyons aujourd'hui. Les défis sociétaux et environnementaux exigent d'aller plus loin et de compléter notre action.

Notre projet fédéral apporte des ajustements et adopte une nouvelle approche, ouverte et participative, en phase avec les réalités contemporaines pour anticiper les enjeux de demain. Nous proposons des idées novatrices et des orientations fortes, indispensables pour affronter les défis actuels. Plusieurs d'entre elles sont directement issues des fructueux échanges entre adhérents lors du Congrès fédéral de Pau, en novembre 2023.

Composée de nouveaux visages et de membres du comité directeur sortant, notre équipe incarne cette volonté de renouvellement. Elle est composée de membres issus de clubs appartenant à 9 régions et 16 départements. Notre projet pose les fondations d'une dynamique collective, tournée vers l'avenir de la montagne, la pratique sportive et la préservation de nos espaces naturels. Pour cela, nous avons besoin de la mobilisation de toutes les bonnes volontés.

Chacun, à son niveau, a un rôle à jouer dans cette dynamique collective : clubs, comités territoriaux, élus, bénévoles et salariés de la fédération. Celles et ceux qui se reconnaissent dans ce projet et souhaitent apporter leurs compétences, leur énergie, leur expertise sont les bienvenus pour contribuer à l'avenir de notre fédération. Merci de prendre le temps de découvrir notre vision. »