Groupe féminin ENSA-FFCAM : fondamentaux et courses à la carte estivales pour la promotion 2026-2027

Publié le 25 août 2026

La première session de la 4ème promotion (2026-2027) du groupe ENSA-FFCAM s'est déroulée en juin 2026, et l'été a pu être dédié aux courses à la carte !

Groupe ENSA FFCAM

Créé conjointement par l'École Nationale de Ski et d'Alpinisme (ENSA) et la FFCAM pour inciter plus de femmes à intégrer le Groupe Excellence Alpinisme National (GEAN) et le cursus du diplôme d'État Alpinisme - Guide de haute montagne, le groupe féminin ENSA-FFCAM vivra en 2026-2027 une nouvelle étape avec la sélection de 15 nouvelles stagiaires.

Cette année, au vu de la qualité des 65 dossiers reçus, la FFCAM et l'ENSA, avec le soutien de notre partenaire Petzl, ont décidé de doubler les moyens (en termes humain et financier) afin de pouvoir accueillir quinze membres dans la formation (contre neuf précédemment).

Une première session à Chamonix 

Du 19 au 21 juin dernier, les quinze membres et leurs deux encadrants, Elodie Le Comte et Stéphane Benoist, se sont ainsi rassemblés pour la première fois à Chamonix pour un module dédié aux fondamentaux de l'alpinisme estival et à l'évolution en corde courte

L'objectif de ce premier rassemblement était de poser des bases communes pour les prochaines sorties. « Nous voulons ainsi nous assurer que tout le monde a les bases essentielles pour s'encorder, que les comportements fondamentaux sont acquis et que nous parlons tous le même langage », indique Élodie Le Comte. 

Des courses "à la carte" estivales en petits groupes

Après les fondamentaux du mois de juin, le collectif s'est divisé en plusieurs groupes de trois membres encadrés par un formateur pour partir en montagne tout au long de l'été. « Nous ferons des courses d'envergure afin de développer la confiance : non seulement la confiance en elles et entre elles, mais aussi la confiance que nous, encadrants, pouvons avoir en elles », précise Elodie Le Comte. Ces expériences (deux courses de deux jours chacune) ont permis aux participantes de renforcer et développer leurs connaissances et leurs savoir-faire en alpinisme avant les sessions automnales et hivernales centrées sur le terrain d'aventure (en septembre), le ski de montagne et l'escalade sur glace (durant l'hiver 2026-2027).

Une dynamique positive pour encourager la pratique féminine

Les effets bénéfiques du groupe ENSA-FFCAM sur la féminisation des pratiques de montagne sont avérés. Cette année, le probatoire du diplôme d'État Alpinisme - Guide de haute montagne a ainsi vu se présenter trois candidates issues des anciennes promotions, et une candidate de la promotion 2024-2025 a été reçue pour intégrer la formation du guide ! La dynamique positive du groupe féminin sera encore plus tangible sur le long terme, comme l'explique Elodie Le Comte : « Ces groupes ont un véritable effet boule de neige au fil des années. Il est essentiel de donner des modèles féminins aux femmes car elles peuvent s'identifier et se projeter. »

 

Retour sur deux "courses à la carte" de l'été par Chloé Faverjon

Dièdre Troussier, 3e pointe des Nantillons, dans l'Envers des Aiguilles de Chamonix

« Première course à la carte pour notre cordée, composée d'Oriane, Mickaelle et moi, encadrée par Louis Laurent : le Dièdre Troussier.

Dès la veille, le ton est donné. Nous montons au refuge pour vérifier que la rimaye passe encore et découvrons que le recul du glacier a fait apparaître une nouvelle longueur d'une cinquantaine de mètres, absente de tous les topos. Nous fixons cette première longueur pour faciliter le départ du lendemain.

Réveil à 3 h et départ à la frontale. L'aventure commence réellement au pied de la voie : très peu d'informations existent sur l'itinéraire et aucune sur ses deux premières longueurs car arrivés à la seconde, nouvelle surprise : un éboulement a emporté la ligne décrite, laissant place à une dalle lisse impraticable. Nous trouvons finalement un passage à droite avant de rejoindre l'itinéraire.

Au fil de l'ascension, l'impression de naviguer dans un terrain en pleine évolution ne nous quitte pas. Entre les informations lacunaires, les modifications récentes du terrain et les choix d'itinéraire à construire au fur et à mesure, chaque longueur demande observation et adaptation.

Dans ce contexte, l'expérience du guide a été précieuse, notamment pour lire le terrain, comprendre l'histoire de la voie et mesurer à quel point le recul glaciaire, les éboulements et le changement de la montagne oblige eaujourd'hui à réinventer certains itinéraires et à réécrire les topos. La voie elle-même est magnifique, avec une mention spéciale pour le dièdre sommital, une longueur aussi esthétique que marquante, qui à elle seule mérite l'ascension.

La descente s'enchaîne parfaitement jusqu'au dernier relais: malgré deux cordes de 50m l'une atteint le glacier, l'autre non : séance improvisée de repitonnage avant de retrouver le refuge.

Deux jours d'alpinisme dans ce que la montagne offre de plus formateur : accepter de partir avec peu de certitudes, s'adapter aux changements et construire ses décisions en chemin. Le tout en slalomant entre les orages et en restant au sec alors que d'autres cordées rentraient détrempées ! Merci aux gardiennes pour le feu et le refuge toujours chaud quand on rentre. Une belle aventure et un vrai moment d'apprentissage. »

 

Arête SE - Aiguille de Blaitière

« Une course d'alpinisme complète et plutôt sauvage. L'approche sur le glacier a donné le ton, avant une partie d'escalade où les longueurs se sont révélées plus difficiles que prévu (cotations chamoniardes comme on les aime !). Cette longue arête de 600m a demandé de la recherche d'itinéraire, de l'efficacité, et de ne pas s'endormir sur ses lauriers.
Une fois sous les mythiques ciseaux, commençait la 2ème course de la journée. Une longue descente, demandant d'équiper des rappels et d'être créatifs pour ensuite rejoindre la voie Le festin de Babeth. Environ 18 rappels plus bas nous mettions pied sur le glacier. 15h45 de promenade plus tard nous étions au refuge à l'heure pour le dîner.

Des montagnes, des rires, des émotions et des personnes avec qui les partager. Le genre de journée qui te rappelle pourquoi tu aimes autant la montagne. Merci les filles, merci Jean, merci la vie! »

© Images : groupe ENSA FFCAM