Mise en place d'une filière d'assainissement par phytoépuration au refuge du Carro
Publié le 7 septembre 2026
Le refuge du Carro, situé en Haute-Maurienne dans le parc national de la Vanoise, va être équipé d'un système d'assainissement par phytoépuration. Le chantier est en cours.
Le refuge du Carro construit à 2 760 m au bord d'un lac en Haute-Maurienne est en travaux depuis début septembre. Son système d'assainissement fondé jusqu'alors sur une fosse septique est remplacé par une station de phytoépuration. Ce modèle d'assainissement repose sur un parcours gravitaire des eaux usées à travers plusieurs bassins de filtration fonctionnant en alternance. L'eau est nettoyée par les bactéries qui se développent dans le gravier et le sable composant le fond des bassins. Les plantes aquatiques poussant dans les bassins oxygènent l'eau, permettant le développement de ces bactéries.

Ce système d'assainissement est particulièrement adapté au milieu montagnard :
- Il ne nécessite pas de terrassements en profondeur, qui sont généralement très contraints en montagne où la roche mère est souvent affleurante,
- Son entretien est relativement simple et ne demande pas de vidange ou d'agent d'entretien,
- Son fonctionnement ne demande pas de source d'énergie,
- Enfin, ce système s'associe judicieusement avec les filières de toilettes sèches, souvent mises en place en refuge de montagne, car elles produisent une charge organique relativement faible,

La plus haute installation en France
Implantée à 2 700 m d'altitude, cette phytoépuration — probablement la plus haute en France —, ont néanmoins demandé quelques adaptations : les essences plantées dans les bassins de phytoépuration doivent être compatibles avec le climat montagnard. L'étude menée par l'INRAE et le parc national de la Vanoise a permis de sélectionner le Carex Nigra. Aussi appelée la Laîche Brune, cette plante des régions alpines s'épanouit dans les zones humides et les marécages.
« Il s'agit en quelque sorte d'un prototype, ce qui n'est pas rare dans le contexte de la FFCAM. La spécificité de notre patrimoine bâti de se trouver dans des milieux hostiles et fragiles nous amène à tester des technologies dans des contextes nouveaux », décrit Ivan Lejeune, le chef d'opérations dédié à ce projet pour la Fédération. « Les améliorations que nous apportons à nos refuges sont souvent donc expérimentales, mais il est nécessaire de réaliser ces tests pour répondre aux enjeux environnementaux en montagne. »
Les travaux ont commencé le 17 août et devraient se terminer fin septembre. La phytoépuration sera complétement opérationnelle au printemps, lorsque les plantes oxygénant les bassins auront suffisamment poussé.
Financement
Le coût total de l'installation s'élève à 140 000 euros HT, financé par la FFCAM avec l'aide de la région Auvergne-Rhône-Alpes (subvention encore en cours d'étude) et du Club alpin néerlandais.
- Région Auvergne-Rhône-Alpes au titre de l'aide aux hébérgements touristiques : 58 000 euros (en cours d'étude)
- Club alpin néérlandais : 25 000 euros
- FFCAM : 57 000 euros





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